mon identité entière tombe en ruine. qui suis-je ?
est-ce vraiment nécessaire de me poser cette question ?
je ne crois en rien, ni en la foule ni au vide. ni à l’ego ni à la démesure.
je ne crois en rien. je ne créé rien.
pauvre con.ne cachée derrière son clavier, lieu d’expansion où, enfin, on l’écoute. iel attend. un miracle, un crevard, du vent – un vent qui pourrait bien la.e porter plus loin qu’iel même, un vent de travers qui fait dévier vers des trajectoires qu’on aurait alors jamais qu’imaginées. un vent puissant, non dompté, cinglant. lui, lui ne serait pas refoulé ; il délivre toute sa puissance.
il y a des pleurs dans ce vent, mais on ne les entend pas. il y a foule dans ce vent, mais on ne le voit pas. tout ce qu’on sent c’est le vide, c’est la solitude, la gifle du sable sur le corps meurtri. on se croit seul.e, dans le vent.
j’écris car, au fond de moi, je ne sais pas faire avec le fait que je suis seul.e. j'écris ce vent mais cela pourrait être du brouillard ou autre chose ; je n'ai pas encore très bine compris ce qui passait devant mes yeux quand je me mets à pleurer. j'ai juste comme une impression de mouvement et de sècheresse. pour le reste, je n'en sais rien.
j'ai juste besoin de vider, vider le vide d'un corps trop pleins de choses innommables. y a trop de silences dans ce corps, trop de vides qui prennent trop de place.
***
je relève les yeux ; tu ne vas pas me croire, mais le vent a arrêté de souffler. il m'a laissé.e nu.e, dénué.e de tous mes sens. j'ai l'impression que le vide est dehors, maintenant.
qu'est-ce que c'est vide.
là où on aurait pu remplir un océan, là où la plus grande des villes aurait pu être construite, là où tous les rêves des humain.es mégalos auraient pu être réunis et réalisés, il n'y a que du vide. là où j'ai voulu m'exprimer, toutes les raisons de m'exprimer ont disparues. pourquoi je m'exprimais, déjà ? pour aller mieux ? et pour qui, pour mon vide à moi ?
est-ce que vraiment, quelqu'un écoute ?
un bruit de pas.

